Résidence passive en Andorre : évolution, conditions et cadre législatif
La résidence passive andorrane garantit la solvabilité des résidents économiques. Depuis 2002, l’investissement minimal est passé de 400 000 € à 600 000 €, avec un dépôt de 50 000 € géré par l’AFA.

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Origine et évolution historique
La résidence passive en Andorre —officiellement appelée résidence sans activité lucrative jusqu’en 2025— est la forme la plus ancienne de résidence économique du pays.
Elle a été instaurée par la Loi qualifiée sur l’immigration du 14 mai 2002, afin d’attirer des investisseurs, des patrimoines et des professionnels retraités souhaitant s’établir en Andorre sans exercer d’activité professionnelle.
Au départ, il suffisait de justifier de revenus suffisants et d’un investissement d’au moins 400 000 €, sans dépôt obligatoire.
Avec le temps, le régime s’est renforcé pour garantir la transparence et le contrôle financier.
Pour qui est-elle adaptée
Ce type de résidence est choisi par de nombreux retraités et a pour objectif principal de permettre l’obtention de la résidence fiscale en Andorre sans devoir satisfaire aux exigences plus strictes d’autres catégories de permis, comme la résidence pour compte propre.
Toutefois, elle comporte certaines limites. Si vous êtes concerné et que vous hésitez sur le type de résidence le plus adapté à votre situation, nous vous recommandons de lire l’article Résidence en Andorre pour les retraités : conditions réelles, limites et alternatives.
Elle convient également aux profils investisseurs ou patrimoniaux, qui voient en Andorre non seulement un pays à fiscalité réduite, mais aussi un environnement offrant un niveau très élevé de sécurité et de tranquillité.
Fiscalité andorrane et résidence fiscale
Si vous souhaitez approfondir la notion de résidence fiscale — qui constitue l’un des objectifs principaux de ce permis — vous pouvez consulter l’article Résidence fiscale en Andorre : conditions et avantages réels.
Pour une vision globale de la fiscalité andorrane, nous vous recommandons la lecture de Fiscalité en Andorre : guide pratique pour comprendre les impôts, obligations et risques réels.

Principales étapes législatives
Comme indiqué précédemment, la résidence passive, étant l’une des plus anciennes, a connu une évolution significative depuis sa création. Les principales modifications sont présentées ci-dessous.
🔹Loi 27/2007 et décret de 2008
À partir de 2008, la réforme de la Loi 27/2007 et son décret d’application instaurent pour la première fois l’obligation de déposer 15 000 € à l’INAF (Institut National Andorran des Finances).
L’objectif : consolider le statut du résident économique et offrir à l’État un mécanisme de garantie financière.
🔹Loi qualifiée 9/2012, du 31 mai
La réforme de 2012 marque un tournant majeur :
- Dépôt obligatoire : 50 000 € + 10 000 € par personne à charge.
- Investissement minimal : 400 000 € en actifs andorrans (immobilier, participations, obligations, dépôts).
- Séjour minimum : 90 jours par an sur une période de 365 jours.
Dès lors, la résidence passive devient un régime réservé aux profils patrimoniaux importants ayant des intérêts réels en Andorre.
🔹Textes consolidés de 2017 et 2019
Ces textes n’introduisent pas de changements substantiels, mais confirment la structure légale de 2012 et maintiennent l’INAF comme organisme gestionnaire.
Ils précisent également les critères relatifs aux personnes à charge, au logement et à l’assurance santé obligatoire.
🔹Loi 10/2018 et Loi 42/2022
Bien qu’elles se concentrent sur d’autres catégories (telles que la résidence pour compte propre ou les nomades numériques), ces lois préparent l’harmonisation future des régimes économiques.
🔹Loi 3/2024 et décret 76/2024
Le Décret 76/2024 du 10 juillet élève l’investissement minimal de 400 000 € à 600 000 €, pour l’adapter au marché immobilier andorran.
Il élargit également la définition des actifs admissibles :
- Biens immobiliers situés en Andorre.
- Dépôts bancaires ou obligations souveraines.
- Participations dans des sociétés andorranes ou fonds d’investissement collectifs.
🔹Loi 5/2025 du 6 mars (Loi Omnibus)
La Loi Omnibus 5/2025 (➤ Pour en savoir plus, consultez l’article La Loi Omnibus en Andorre) modernise et unifie le régime :
- Maintien du dépôt de 50 000 €, porté à 12 000 € par personne à charge.
- Transfert de la gestion du dépôt de l’INAF à l’AFA (Autorité Financière Andorrane).
- Remplacement du terme « sans activité lucrative » par résidence passive.
- Possibilité d’adaptation des montants par décret selon l’évolution économique.
🔹Loi 2/2026 du 22 janvier (Loi Omnibus II)
En février 2026, la Loi 2/2026 (Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez consulter l’article La Loi Omnibus II) modifie à nouveau le régime, en établissant les conditions actuellement en vigueur :
- Elle transforme le dépôt de 50.000 € en un paiement définitif au profit de l’État, ainsi que les 12.000 € par personne à charge. Ces montants ne sont donc plus remboursables.
- Elle porte l’investissement total minimum en actifs andorrans à 1.000.000 €, sans que le paiement initial (anciennement dépôt) soit pris en compte.
- Si une partie des fonds est investie dans certains produits financiers, ceux-ci ne peuvent être conservés que pendant 36 mois maximum, l’investisseur devant ensuite réinvestir le montant dans de nouveaux produits ou alternatives.
- En cas d’acquisition d’un bien immobilier dans le cadre de l’investissement, la valeur unitaire minimale de chaque bien augmente par rapport à la réglementation antérieure.

Conditions actuelles (2026)
Pour obtenir ou renouveler la résidence passive en Andorre, il convient de justifier :
- Paiement de 50.000 € sur le compte de l’AFA, à fonds perdu.
- Personnes à charge : 12.000 € supplémentaires par personne (conjoint, descendants ou ascendants), avec la même nature de paiement définitif. Pour en savoir plus Regroupement familial en Andorre : conditions, changements et pourcentages actuels
- Investissement minimum : 1.000.000 € en actifs andorrans.
- Limitations : valeur minimale en cas d’acquisition immobilière (800.000 €) et, pour certains actifs financiers, durée maximale de détention de 36 mois.
- Séjour effectif : minimum 90 jours par an.
- Assurance maladie et logement approprié.
- Absence de casier judiciaire et solvabilité démontrée (revenus minimums).
➤ Pour mieux comprendre le fonctionnement du dépôt de garantie et sa gestion par l’AFA, consultez Le dépôt de résidence en Andorre : origine, évolution et cadre applicable.
Acquisition d’un bien immobilier
Bien qu’il ne soit pas obligatoire d’acquérir un logement, cela constitue généralement l’étape naturelle d’investissement pour la majorité des résidents passifs.
Si vous souhaitez identifier la zone la plus adaptée à votre profil, nous vous recommandons de lire Où vivre en Andorre : guide complet des zones, villages et différences réelles entre paroisses.
Vous pouvez également consulter Le marché immobilier andorran (2019–2025) : prix, constructions neuves et accès au logement pour disposer d’informations actualisées sur les prix de l’immobilier en Andorre.
Utilité et avantages
Ce type d’autorisation est particulièrement adapté aux personnes qui souhaitent :
- Profiter d’une fiscalité maximale de 10 %, s’ils deviennent résidents fiscaux.
- Préserver une liberté géographique et une gestion flexible de leur patrimoine.
- Bénéficier d’un environnement sûr et stable au cœur de l’Europe.
- Accéder à des services bancaires et médicaux de qualité.
Contrairement à d’autres régimes européens, l’Andorre exige un lien économique réel, et non une simple domiciliation, ce qui renforce sa crédibilité auprès des organismes internationaux.
Afin de bien comprendre la différence entre résidence passive (autorisation administrative) et résidence fiscale, nous recommandons la lecture de Types de résidence en Andorre : active, passive et fiscale.

Comparaison avec d’autres résidences
- Résidence pour compte propre : elle exige également un paiement de 50.000 €, mais lié à l’exercice d’une activité économique réelle..
➤ Pour en savoir plus, consultez l’article Résidence pour compte propre en Andorre.
- Résidence salariée : ne nécessite aucun dépôt, la solvabilité étant garantie par le contrat de travail et les cotisations à la CASS.
- Résidence temporaire ou frontalière : n’exige pas non plus de dépôt.
➤ Pour une vision complète des différentes modalités de résidence, vous pouvez consulter Types de résidence en Andorre : toutes les modalités administratives
La résidence passive, un choix pertinent pour de nombreux nouveaux résidents
La résidence passive andorrane est aujourd’hui l’un des moyens les plus solides et exclusifs pour s’établir dans le Principat.
Depuis 2002 jusqu’à la Loi Omnibus II de 2026, le régime est passé de 400.000 € d’investissement initial à 1.000.000 € minimum aujourd’hui, et le dépôt de 15.000 € est devenu un paiement définitif de 50.000 €, renforçant la solvabilité et la réputation internationale de l’Andorre.
Le profil des nouveaux résidents est ainsi de plus en plus qualifié.
Il est possible que les conditions se durcissent à l’avenir. C’est pourquoi, si ce type de résidence vous intéresse, nous vous recommandons d’entamer les démarches sans tarder.
Vous pouvez approfondir le contexte actuel et les évolutions à venir dans La résidence en Andorre : stabilité actuelle et changements à l’horizon.
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Date de dernière révision : février 2026

Auteur technique: Albert Contel



